Lâche ton téléphone, de Catherine Price
J'ai lu par curiosité la première partie du livre qui explique comment le cerveau se retrouve accro des smartphones et de ses multiples applications, et les modifications du cerveau, de la concentration et de l'humeur qu'il entraîne!
C'est assez terrifiant à lire!
L'auteur ne sépare pas forcément l'appareil du contenu, le smartphone étant très lié aux réseaux sociaux et aux mails, mais c'est l'ensemble qui pose problème (un smartphone sans internet n'est pas un danger, mais si vous êtes toute la journée devant un ordi où apparaissent des notifications, avec plusieurs fenêtres ouvertes sur réseaux sociaux, actualités, mails pendant que vous travaillez, ce livre vous concerne!)
Je n'ai pas lu la 2e partie sur "comment se désintoxiquer" car je n'en éprouve pas le besoin mais je ne peux que conseiller cette lecture : prendre conscience de la manipulation de notre cerveau, c'est déjà l'atténuer... Réaliser que les smartphones modifient le cerveau, c'est aussi l'occasion d'y remédier, pour soi et pour ses enfants!
Un livre à lire absolument pour avoir une utilisation raisonnée des smartphones, ordinateurs et tout ce qui va avec.
Voici un extrait dans lequel vous vous reconnaîtrez peut-être?
"Vous voyez ce sentiment grisant que nous éprouvons au début d’une histoire d’amour, quand rien ne pourrait nous faire plus plaisir que de passer du temps avec l’être aimé ? Eh bien, là encore, c’est la dopamine qui est à l’œuvre. Nous en produisons chaque fois que nous vivons une expérience nouvelle. Elle crée en nous cette petite pointe d’excitation si agréable.
Passée cette phase de découverte, la concentration de dopamine diminue. C’est un peu la fin de la lune de miel ou du « tout nouveau tout beau » qui voit de nombreux couples se séparer. Mais nous n’allons pas jusqu’à envisager de nous séparer de nos smartphones, car ces derniers (et les applications qui vont avec) sont pensés pour nous abreuver constamment de nouveautés – et donc entretenir notre afflux de dopamine.
Vous vous ennuyez, vous êtes un peu tendu ? Ouvrez donc votre boîte mail. Rien d’intéressant par là ? Eh bien, rabattez-vous sur vos réseaux sociaux. Toujours pas satisfait ? Essayez de vous connecter à un autre compte, puis peut-être à un autre encore. Distribuez quelques « j’aime » ici et là. Abonnez-vous à de nouveaux profils, et voyez s’ils vous suivent en retour. Jetez un dernier coup d’œil à votre messagerie, on ne sait jamais. C’est si facile de se laisser ainsi absorber pendant des heures sur son téléphone, à papillonner d’une application à l’autre sans jamais fixer son attention plus de quelques secondes d’affilée.
Il est bon de rappeler que cette bouffée d’excitation qui accompagne la dopamine ne nous rend pas véritablement « heureux ». Mais essayez de dire ça à votre cerveau…"
ou encore
"La plupart des utilisateurs créent leur compte pour se sentir connectés à leurs proches, mais de nombreuses études suggèrent que plus nous passons de temps sur les réseaux sociaux, moins nous sommes heureux. L’American Journal of Epidemiology a suivi un groupe de volontaires sur deux ans pour savoir si leur présence sur Facebook était à l’origine de leur mal-être 38 (l’autre hypothèse étant qu’un mal-être préexistant les rendait simplement davantage susceptibles d’utiliser Facebook). Les résultats ont montré qu’il y avait bien une relation de cause à effet. « Nous avons constaté de manière nette que le fait d’aimer des publications comme de cliquer sur des contenus prédisaient de façon significative une baisse (déclarée par les sondés) de leur santé physique, de leur santé mentale et de leur satisfaction générale 39 », expliquent les auteurs de l’étude dans la Harvard Business Review."